Le lycée que je vous présente ce matin reste fidèle à ses objectifs, celui de mieux préparer au baccalauréat et de mieux orienter vers l'enseignement supérieur, mais il se transforme considérablement pour redéfinir la place qu'il accorde à l'élève.
Le signe le plus fort de cette transformation est la nouvelle organisation du temps scolaire qui entrera en vigueur, pour la classe de seconde, dès la rentrée prochaine et dont l'objectif est de favoriser une meilleure répartition des enseignements et de l'accompagnement tout au long de l'année.
Le découpage de l'année scolaire en trimestres, tel que nous le connaissons aujourd'hui, n'est pas satisfaisant. Nous avons tous connu ces années scolaires qui s'effilochent : quatre mois pour le premier trimestre, trois mois pour le second, deux mois à peine de temps effectif pour le dernier trimestre, ce qui entraîne enseignants et élèves dans une course infernale au moment même où chacun voudrait pouvoir prendre le temps nécessaire pour réfléchir à son orientation.
Avec ce découpage, les bilans qui sont proposés à l'élève viennent ou trop tôt, à la fin du premier trimestre au cours duquel l'élève a parfois mis un peu de temps à démarrer son année, ou trop tard, à la fin du deuxième trimestre, lorsque l'élève est déjà très avancé dans son année.
Dès la rentrée prochaine, la nouvelle seconde comportera deux semestres, ce qui nous permettra d'organiser quatre rendez-vous annuels avec l'élève au lieu de trois aujourd'hui : deux conseils de mi-semestre, qui permettront aux enseignants de faire avec les élèves un point sur leurs difficultés, et deux conseils de fin de semestre, où sera notamment abordée l'orientation de l'élève.
Cette organisation semestrielle, qui ne modifiera pas le caractère hebdomadaire du travail des enseignants, donnera plus de temps aux élèves à la fois pour progresser dans les différentes matières qu'ils étudient et pour commencer à déterminer l'orientation qu'ils souhaitent poursuivre. Elle permettra aussi à l'élève de faire un véritable bilan personnalisé en cours d'année et de recevoir les conseils et le soutien nécessaires pour progresser là où cela pourra lui être utile.
A cette fin, une période de bilan et d'orientation sera organisée sur une semaine entre le premier et le second semestre.
Cette période pourra aussi être consacrée à l'expression orale, exercice que les élèves redoutent et qu'ils ont souvent peu l'occasion de pratiquer avant de se présenter au baccalauréat.
Cette période d'une semaine viendra prolonger les trois heures hebdomadaires qui seront désormais consacrées, dans l'emploi du temps de tous les élèves, à un accompagnement personnalisé.
Il s'agira, selon les besoins des élèves, de leur proposer un soutien scolaire personnalisé, une aide méthodologique, un conseil d'orientation, un travail interdisciplinaire ou, pour ceux qui sont le plus à l'aise, un travail d'expertise.
Je ne veux plus qu'un élève puisse rentrer chez lui à la fin de la semaine en se disant « je n'ai rien appris, je n'ai rien compris, l'école n'est pas pour moi ». Je ne veux pas non plus qu'un élève se dise « j'aurais bien aimé approfondir ce que j'ai vu en cours mais on ne m'en a pas laissé le temps ». Le lycée doit savoir apporter des réponses différentes à des besoins différents.
Dès la rentrée prochaine, une nouvelle organisation des enseignements s'appliquera à la classe de seconde.
Elle comportera trois grands ensembles : des enseignements généraux de tronc commun, sur une durée totale de 21 heures, 6 heures d'enseignements complémentaires proposés sous forme de modules ainsi qu'un accompagnement personnalisé de 3 heures hebdomadaires dont je viens de préciser les objectifs.
J'ai entendu beaucoup de contre-vérités circuler sur le contenu de ces enseignements généraux, comme si on pouvait imaginer qu'un ministre de l'Éducation nationale puisse proposer de rendre optionnel l'enseignement d'histoire et géographie ou l'enseignement des sciences expérimentales.
Je crois évidemment ces deux champs disciplinaires absolument essentiels à la formation du jugement et à la compréhension du monde par les élèves et c'est la raison pour laquelle ils figurent parmi les enseignements généraux que devront suivre tous les élèves de la nouvelle seconde, au même titre que le Français, les mathématiques, l'éducation physique et sportive et les langues vivantes, au pluriel puisque l'apprentissage d'une deuxième langue sera désormais obligatoire au lycée.
Des modules d'enseignement complémentaires viendront enrichir ce tronc commun. Les élèves devront en effet désormais choisir quatre modules parmi les domaines suivants : humanités, sciences, sciences de la société et technologies.
Cette organisation présente au moins deux avantages. Elle incite, d'une part, les élèves à conserver en seconde une certaine variété des enseignements qu'ils reçoivent, afin qu'ils ne s'enferment pas trop tôt dans des filières dont ils ne pourront plus sortir. Elle leur donne, d'autre part, un droit au changement s'il s'avère à la fin du premier semestre qu'ils se sont manifestement trompés dans leur choix. Cette plus grande souplesse et cette plus grande variété de la classe de seconde est la condition d'une orientation réussie en classe de première.
Mon objectif est d'ailleurs très clair : trop d'élèves, 15% environ, redoublent aujourd'hui la classe de seconde, notamment pour des raisons d'orientation. C'est de la responsabilité de l'Ecole de permettre à ces élèves de trouver la voie qui correspond à leurs capacités et à leurs goûts.
Ce principe d'organisation en modules sera également au cœur de l'organisation des classes de première et de terminale à laquelle nous allons continuer de travailler avec les organisations syndicales d'enseignants et de chefs d'établissement et les représentants des lycéens au cours des prochains mois.
Vous connaissez déjà les objectifs qui animent ma démarche pour le cycle terminal : je veux qu'il soit plus efficace à la fois dans la préparation des élèves au baccalauréat mais aussi dans leur accompagnement vers l'enseignement supérieur. Je n'oublie pas que près d'un étudiant sur deux qui entre à l'Université n'obtient pas de diplôme au bout de trois ans.
Sans vouloir empiéter sur les conclusions de ce travail, je voudrais cependant d'ores et déjà affirmer deux principes qui semblent, à mes yeux, s'imposer.
D'abord, le cycle terminal comportera naturellement des dominantes clairement identifiées. Je ne veux pas d'un lycée unique dans lequel chacun suivrait les mêmes enseignements, précisément parce que c'est au lycée que l'élève doit pouvoir affiner ses goûts et réaliser ses choix. D'autre part, nous conserverons la voie technologique à partir de la classe de première et nous offrirons à tous les élèves en classe de seconde la possibilité de choisir des modules d'exploration dans le domaine des technologies. Enfin, je rappelle que cette nouvelle organisation du lycée n'implique pas de réforme du baccalauréat, qui restera l'examen national auquel les Français sont si attachés.
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Je vous invite à réagir sur ce texte, cela peut être intérressant de prendre connaissance de certaines proposition, avant jeudi.]